Oui, vendredi soir, j’ai décollé des affiches électorales sur des panneaux d’affichage libre.

Je ne m’en cache pas. Et je n’ai pas l’intention de faire semblant de tomber des nues parce que certains s’en offusquent aujourd’hui.

Je ne soutiens aucune liste dans cette campagne. Ni la gauche, ni la droite, et certainement pas l’extrême droite.

Ce qui m’attriste surtout, c’est le niveau du débat public auquel nous assistons depuis plusieurs semaines. Entre les rumeurs, les slogans simplistes, les chiffres approximatifs et les petites phrases calibrées pour les réseaux sociaux, la campagne municipale ressemble trop souvent à une bataille de communication plutôt qu’à une discussion sérieuse sur l’avenir de notre commune.

Et pendant ce temps, les vrais sujets passent au second plan.

Car une élection municipale devrait être autre chose qu’une compétition d’affiches ou une course à la visibilité. Elle devrait être un moment où l’on parle concrètement des problèmes des habitants, des solutions possibles et de la vision que l’on propose pour l’avenir de Saint-Denis-en-Val.

Or aujourd’hui, ce que l’on voit surtout, ce sont des visages placardés sur des panneaux.

Même la candidature satirique d’un chien, qui avait pourtant le mérite de rappeler avec humour qu’il fallait élever le débat, n’a pas suffi à faire comprendre à certains candidats qu’il serait temps de sortir du niveau du caniveau.

Refuser la résignation

Que fallait-il faire ? Regarder sans rien dire pendant que les ambitions personnelles saturent l’espace public ? Laisser les habitants se faire abreuver de promesses légères comme du vent ou de messages politiques réduits à quelques caractères ? Constater passivement les affrontements entre camps politiques, chacun persuadé d’avoir raison, pendant que grandit le désintérêt des habitants pour la vie publique ?

Ce n’est pas ma conception de l’engagement. L’inaction n’a jamais été ma manière d’agir, et elle ne le sera jamais.

Pourquoi les affiches ?

Les affiches électorales représentent beaucoup de choses pour les candidats : du temps, de l’argent, mais aussi, et surtout, une forme de reconnaissance et de visibilité. En s’attaquant aux affiches, on touche donc à ce qui compte le plus dans une campagne de communication politique.

Et la réaction de certains candidats ces derniers jours confirme une chose : ce qui les inquiète le plus, ce n’est pas l’état du débat démocratique, mais l’atteinte à leur visibilité.

Pour ma part, enlever des affiches sur un panneau d’affichage libre (différent de l'affichage obligatoire) n’a rien d’un sabotage politique. Tous les partis l’ont déjà fait, dans toutes les campagnes, depuis des décennies, y compris nos 3 listes en campagne pour les municipales. Mais pour moi, ce geste avait aussi une dimension symbolique : retirer ces affiches, c’était aussi retirer un peu de cette pollution visuelle et intellectuelle qui remplace trop souvent la réflexion collective.

Le vrai problème : l’abstention

Car pendant que certains se scandalisent pour quelques affiches décollées, un phénomène beaucoup plus grave continue de progresser. Le premier parti politique de Saint-Denis-en-Val, ce n’est ni la gauche, ni la droite, ni l’extrême droite : c’est l’abstention. De plus en plus d’habitants ne se reconnaissent plus dans les campagnes électorales telles qu’elles sont menées aujourd’hui. Ils ont le sentiment que l’on parle beaucoup de candidats… mais trop peu de leur vie quotidienne.

Et cela devrait être une inquiétude majeure pour tous ceux qui aspirent à gouverner la commune.

Élever le débat

Je ne suis candidat à rien. Je n’attends ni poste, ni avantage.

Ce qui m’importe, c’est que le débat public retrouve un peu de hauteur et de sincérité.

Les habitants de Saint-Denis-en-Val méritent mieux qu’une bataille d’affiches, de petites phrases ou de procès d’intention. Ils méritent un débat sur des idées, des projets et un avenir désirable pour leur commune.

Et peut-être que si chacun passait un peu moins de temps à défendre son portrait sur un panneau… et un peu plus de temps à écouter les habitants, la démocratie locale s’en porterait beaucoup mieux.